Regardez vite le JT de 13h de France 2 (disponible en ligne) d'aujourd'hui. Il y a un sujet sur le "sentiment de déclassement social" qui entre en parfaite résonance avec ma note précédente.
Trois phénomènes expliquent ce "sentiment" :
1) le déclassement à l'embauche : synonyme de l'inflation scolaire. La massification a totalement dévalorisé les diplômes. Les jeunes continuent à raisonner en niveau de formation (bac+X), alors que les employeurs cherchent des types de formation bien précis. Il est facile de dire que "les diplômes ne suffisent plus" quand on refuse de comparer des DESS bidon en psychologie avec des diplômes d'ingénieur...
2) la baisse du niveau de vie (due entre autre au chômage structurel de masse)
3) l'augmentation des dépenses de logement : paraît anodine, mais c'est entièrement dû à la goinfrerie immobilière de la génération précédente. Plein emploi + inflation des années 70 = la génération d'après-guerre a amassé un immense patrimoine immobilier, qui pèse lourdement sur le marché.
Bref on est en plein dans les sujets récurrents de ce blog :
- le conflit générationnel qui s'annonce (génération gérontocide)
- les illusions d'une génération qui retombent sur la suivante
- le carnage de la "démocratisation"
C'est simple : le système a préféré des déclassés à des héritiers. Toujours le même orgueil, le même nihilisme, face à ce qui relève de la continuité, de la transmission.
Les déclassés sont aux classes moyennes ce que les lumpens sont au prolétariat : un déchet, une forme dégradée. Donc intrinsèquement portés à la radicalité politique ou au hooliganisme.
vendredi 10 juillet 2009
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6 commentaires:
Votre précédent billet montrait bien l'état de notre système éducatif.
Et votre age.
Les plus anciens ont été des fidèles d'Ivan Illich totalement évacué par les "clercs de la bien-pensance"
Mgr Illich, recteur de Center for Intercultural Documentation à Cuarnavaca (Mexique) a pondu quelques merveilles (d'autres diraient insanités) dont Deschooling Society (Une société sans école) où il montre les évolutions qu'il résume ainsi "Avant l'école avait pour but de produire une élite, aujourd'hui le but fixé est de produire 20% de cancres" (cité de mémoire).
Quand vous évoquez le déclassement, il est évident qu'il a pour corollaires
1. l'absence de mesure des talents (autre que l'absurde bac+n) donc l'impossibilité des classes inférieures de monter dans l'échelle sociale qu'on va solutionner par la discrimination positive.
2. la déculturation générale.
J'en arrive exactement au même constat que vous. Il n'y a que la Génération repue de 68 qui ne semble pas le moins du monde gênée par cette ignominieuse union du parasite et de son hôte, celle que je qualifierais d'union du maquereau et du putiau.
Nous aboutissons finalement à un mode de système patriarcal digne de celui prévalant dans le Tiers monde : des enfants se prostituant pour assurer la subsistance des parents, à la différence près que la survie est ici remplacée par la jouissance ininterrompue. Doublée qui plus est d'objurgations sur la prestation sexuelle…
A vomir.
Ah, j'ai des nouvelles toutes fraîches de la meilleure fac d'anglais de France.
A part les bulles des exams où j'ai eu la flemme de me présenter (pour ce que ça vaut...), j'ai quand même décroché un 13,5 en littérature britannique, en ayant laborieusement étiré mon manque d'inspiration sur une partie et demie (au lieu des 3x3 exigibles de toute dissertation littéraire). Il paraît que le niveau baisse...
Quand je pense à tout le temps que je ne vais plus perdre sur les bancs de cette aberration anti-culturelle l'année prochaine ! :D
Tiens, je préfère aller vendre des croissants. Même niveau de réflexion (chez les croissants, je veux dire), mais au moins je ne serai pas déçue.
Le bac 2009 a battu tous les records avec 86% d'admis. Le Figaro a fait paraître plusieurs articles sur le sujet dont "en trente ans la valeur du bac s'est effondré".
D'autant plus problématique que rien ne fait, essentiellement, qu'un diplome de lettres ou de psychologie doive être moins difficile à obtenir qu'un bon diplômé d'ingénieur.
Qu'on remette un peu de grec, de latin, et de langues du bac littéraire, et qu'on fasse en sorte que les gens sorte de ces fillières vraiment formé intellectuellement.
Quant au fait que les lettres ne servent à rien sur le plan professionnel, la plupart de mes amis ont un diplôme d'ingénieur, et n'utilisent, dans leur travail, à peu près rien de ce qu'ils ont appris dans ces écoles.
Il n'y a pas "d'immense patrimoine immobilier qui pèse sur le marché", ni de "goinfrerie immobilière".
Au demeurant, "un immense patrimoine immobilier" pèserait sur le marché en faisant baisser les prix, pas l'inverse.
Vous raisonnez comme si le nombre de maisons était une grandeur nécessairement limitée, forcément insuffisante, et que le but du jeu soit de désigner des gagnants et des perdants : ceux qui vont rentrer dans des logements, et les autres.
C'est le mythe socialiste.
Il y a une pénurie massive de logements, patiquement ininterrompue depuis 1918, dûe à la quasi-interdiction de construire (sauf exceptions accordées au compte-goutte, au travers d'une réglementation malthusienne), et à la quasi-nationalisation du marché du logement locatif (40 % des locataires ont pour propriétaire l'Etat, et les autres sont logés sous un régime qui relève de l'expropriation des bailleurs privés).
Le résultat inévitable, ce sont des barrières élevées à l'entrée du marché : prix élevés pour l'achat et la location, plus règles excluantes pour la location (discrimination professionnelle dans le privé, favoritisme politique dans le public).
Ca peut vous soulager de flatter l'envie inter-générationnelle, mais ça ne fera rien pour résoudre le problème. Pas plus que le fait de réclamer une redistribution des profits ne peut créer des emplois ou augmenter la prospérité de tous.
Le manque de logements n'est nullement un phénomène naturel, comme l'orage, le tremblement de terre, etc.
Il y a plein de pays développés, dans le monde, où personne n'a aucun problème pour se loger. En France, ça nous paraît inimaginable, parce qu'à l'échelle d'une vie humaine, la quasi-totalité des gens n'a jamais connu que "la crise du logement", avec des variantes.
Cette crise du logement est provoquée de main humaine, par les règles mêmes qui sont censées la résoudre.
Evidemment, l'immigration n'arrange rien.
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